Des chansons plein La Tuque

par Marie-Claude Rouillard

 

La région de la Mauricie accueillera du 15 au 16 juin 2007 la première édition du concours national de chant Des chansons plein La Tuque, une initiative portée à bout de bras par Sandie Letendre, jeune interprète de 22 ans qui connaît le refrain. Félix Leclerc n’a qu’à bien se tenir; sa ville natale risque de devenir la prochaine référence en matière de concours de chant régionaux.

C’est ce qu’espère l’organisatrice du concours, Sandie Letendre, étudiante en journalisme à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et elle-même originaire de La Tuque. Par son initiative, elle tente d’emboîter le pas aux nombreux festivals de musique bien établis au Québec. «Dès le début, la réponse a été excellente, au niveau des commanditaires, des médias et des participants. Le projet a suscité beaucoup d’intérêt dans la communauté», précise-t-elle, enthousiaste.

Une première en Mauricie qui a même trouvé écho à l’extérieur de la belle province. «De nombreux Franco-Ontariens m’écrivaient pour participer», se souvient la responsable du concours. Elle récolte ainsi le fruit de publicités parues dans plus d’une centaine d’écoles de musique et de chant et d’universités, sans compter les réclames dans les journaux et la multitude de communiqués. L’apport d’une étoile montante du paysage musical québécois, Amélie Veille, en tant que porte-parole de Des chansons plein La Tuque a par ailleurs contribué a la notoriété de l’événement.

«Le fait qu’il soit chapeauté par une personne ayant vécu l’expérience de différents concours à titre de participante pourrait possiblement amener un angle nouveau», croit le gérant d’Amélie Veille, Dany H.Poulin, qui fait référence à l’impressionnante expérience de l’organisatrice Sandie Letendre. Figurant au palmarès des finalistes de Star Académie à la fois au Québec et en France, couronnée grande gagnante de Victoriaville en chansons l’année dernière, l’artiste latuquoise avoue candidement avoir fait ses classes en accumulant les concours.

«L’important n’est pas de gagner et c’est pourquoi je privilégie l’aspect formation», précise l’instigatrice Des chansons plein La Tuque tout en soulignant que son concours a la particularité de s’étaler sur deux jours. Autre point sur lequel l’événement se veut innovateur : l’accueil des participants. «Il y a des concours où j’ai été laissée à moi-même», se remémore Sandie Letendre, qui mise sur une série de petites attentions pour choyer, non seulement les participants, mais aussi leurs parents. Une pochette étayant les différents attraits touristiques dont regorge la Mauricie, rendue possible grâce à un partenariat avec la ville, sera notamment offerte.

Des retombées intéressantes
Mine de rien, les concours de chant peuvent «grandement contribuer à l’économie locale et au rayonnement de la région», souligne Marjolaine Langevin, directrice du Festival international de la chanson de St-Ambroise. «Il s’agit en fait d’une occasion pour la municipalité de se faire découvrir au point de vue touristique et culturel». St-Ambroise, Granby et Petite-Vallée ne sont que quelques-uns des concours de chant bien implantés au Québec, qui ont d’ailleurs grandement contribués à mettre le nom de leur ville «sur la map».

Mais qu’en est-il des participants, qui, s’ils ne sont pas du coin, voient leurs dollars s’envoler à mesure que s’accumulent les kilomètres ? «C’est un motivateur car cela me fait connaître dans une autre région», tranche à elle Viky Brind’Amour, participante au concours Des chansons plein La Tuque. Elle n’est pas la seule à penser ainsi, si on en croit le fort degré de participation au concours, qui fait d’ailleurs garantir à Sandie Letendre la continuité de l’événement. À l’horizon se profile déjà une tonne de projets pour Des chansons plein la tuque, qui risque notamment de voir un camp d’été de la chanson s’y adjoindre. «Un partenariat avec la France est envisagé pour l’année prochaine», ajoute également l’organisatrice, dont la voix n’est visiblement pas prête à s’éteindre de la scène musicale québécoise.